ARRABAL DANS LE BUS

Le spectacle urbain ou l’art public créateur de lien social Création 1994
  

Pour la Compagnie Mises en Scène et ses partenaires, cette « éphémère panique » réalisée dans un bus qui circule entre la ville et ses quartiers permet d’élargir le champ de rayonnement de l’action culturelle et artistique, de véhiculer la culture, la poésie, l’imaginaire. Diffuser la création théâtrale contemporaine à l’echelle de l’espace urbain c’est aussi défricher les terrains vierges de l’art public. C’est la volonté d’investir des espaces de jeu inexplorés pour sensibiliser des publics inhabituels et inhabitués. Aller à la rencontre de ce public qui ve va jamais au spectacle et pour qui le théâtre est un univers clos et lointain, hors la vie. Faire entrer le spectacle dans l’univers quotidien des usagers c’est montrer que le théâtre c’est la vie, dans sa complexité ses déchirements ou ses éclaircies. Une expérience de spectacle urbain qui s’adresse au grand public et gomme le temps d’une « invitation au voyage » les inégalités culturelles Choisir un lieu de vie publique comme scène de théâtre fût l’occasion de partager collectivement des émotions, fou rires, colères, de provoquer des situations de confrontation et d’échange qui réactivent le lien social. Bon nombre d’usagers ont quitté le bus sur cette exclamation: « Que c’est bon de rire ! »
Ce fût aussi l’occasion d’animer le quotidien d’un transport urbain, de créer un événement convivial qui invite les usagers au dialogue au delà des distinctions d’age, d’origine sociale, culturelle et géographique

Le bus mis en scène

Durant 2 jours, les 19 et 21 octobre 1994, la Compagnie Mises en Scène a investi un nouvel espace de jeu théâtral: 2 lignes de bus particulièrement fréquentées reliant le centre ville d’Avignon, aux quartiers périphériques. 10 jeunes acteurs ont ainsi ponctué le parcours des usagers par des interventions spectaculaires composées d’une quinzaine de personnages et d’une vingtaine de textes. cette « invitation au voyage » ou « happenning » accompagnée de son cortège de personnages arrabaliens multicolores, perpétuels inadaptés, a fait surgir un univers surréaliste dans le quotidien des transports urbains. Ce fût l’occasion d’une rencontre entre le grand public et l’oeuvre d’un auteur située entre tragédie, farce et poésie, imprégnée de l’affrontement permanent entre le monde organisé des adultes et l’innocence cruelle de l’enfance. Un évènement artistique créateur d’échange et de confrontation
Pour le public la surprise fut totale, tantôt dérouté, irrité ou amusé par cette intervention inattendue, emporté dans une aventure initiatique et émotionnelle. Il fût souvent pris, à son insu, dans un jeu d’improvisations spontanées avec les acteurs de la troupe.


  

– une femme ponctue un poème par des exclamations : « t’as raison. .. c’est bien fait!  » et rit de ce jeu qu’elle instaure avec l’acteur.

– une autre se précipite pour embrasser un acteur déguisé en militaire.

– un jeune homme s’écrit à la vue d’un acteur : « regarde c’est le diable, je te dis que c’est le  diable ! »
Tour à tour acteurs et usagers se confondent, véritable inversion des rôles où les acteurs redeviennent de simples usagers entre deux scènes et où les usagers entrent en scène :

– un homme interpelle le chauffeur en apercevant un acteur à l’extérieur : »arretez le bus ! il y a  encore un fou qui arrive !
– un autre, alors que le bus redémarre, crie au chauffeur « ouvrez la porte laissez-le sortir »
Certains commentent l’évènement de vive voix, d’autres feignent l’indifférence, quelques uns oublient leur arrêt ou choisissent délibérément de modifier leur itinéraire pour suivre le  spectacle :

– une personne agée réagit à l’entrée d’un acteur : « le pauvre petit. ce sont ces parents qui  doivent être malheureux !  »
– un jeune homme s’adresse à l’un des acteurs à propos de l’entrée du même personnage : « il est fou ou il le fait exprès ?! »
– une petite fée écoute une actrice et ponctue le jeu de scène par des Oh ! Ah ! puis demande une autre histoire alors les passagers reprennent en coeur « une autre, une autre ! »

 


 
 

   

 

   

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