BLEUS DE TRAVAIL

 d’Ahmed Kalouaz Création 
  

Cette pièce d’Ahmed Kalouaz est inspirée d’une parole plurielle glanée au fil de rencontres organisées par la Compagnie avec des habitants des quartiers des villes d’Avignon et de Cavaillon, autour du monde du travail.
Dans l’arrière-salle d’un bistrot, c’est le jour de répétition d’un groupe de musiciens amateurs : il y a Joseph, ancien ajusteur et ramasseur de fruits, Amine, sans qualification, Pierre, cadre dans une grande banque, Imma, intérimaire d’origine espagnole, Victor, compositeur, passé de l’usine à l’horlogerie, Mina, caissière, en rupture de caisse, Mameselle Annie, professeur de dessin, amoureuse de Van Gogh. C’est leur temps « libre », un temps non tarifé, entre deux tranches de vie professionnelle et de vie privée. Les mélodies qu’ils répètent mélangent les envolées lyriques de Victor, compositeur passionné, à des accents kitsch vaguement sixties et à des airs de musette. Passion de la musique qui vous met le cœur à la lutte ou en bandoulière. Le public suivra de très près les tribulations et les humeurs de ce groupe hétéroclite et turbulent, charriant dans cette « aire de repos » les échos d’une vie passée à essayer de la gagner.

Extraits 

Amine :       Moi, comme métier, je veux devenir bonhomme de neige.

 Mina :         Mais l’été, les jours de pluie ?

Joseph :     Ben oui, les jours de pluie…

Amine :       Je mettrai un chapeau.

Annie :        Un autre métier ?

Amine :       Oui. Ce métier, ce serait ma mère qui étend le linge sur le fil en hiver. Après, ça faisait des squelettes de givre. C’est un beau métier hein ?

Pierre :       Moi, j’aimerais faire plein de choses. Gazouilleur d’enfants, écornifleur de poésie, tueur à cage, raseur de bras, cureur de nez, étancheur d’angoisse. Ou alors aviveur de souvenirs.

Annie :        Les souvenirs c’est bien.

Pierre :       Je peux vous aviver si vous voulez.

Joseph :     Moi, je veux aussi aviver des souvenirs. Je me souviens du jardin ouvrier où quelqu’un avait mis le feu, à cause d’une grève. D’un jour aussi où des syndicalistes sont venus à la maison, parce qu’ils voulaient convaincre des indécis. Je me souviens aussi du café Molière où j’ai bu mon premier vichy fraise, et là il y avait des joueurs de boule, avec des boules de bois cloutées. Je me souviens aussi des banderoles que des gens écrivaient dans ce café.

Mina :         Moi je veux être …

Amine :       Elle veut être ?

Pierre :       Oui, que veut-elle être ?

Mina :         Je veux être trouveuse d’emploi.

Joseph :     Moi, pas du tout.

Amine :       Moi non plus.

Annie :        Et qu’est-ce que c’est trouveuse d’emploi ?

Mina :         Ce serait quelqu’un qui ne cherche pas et rencontre…

Annie :        Qui rencontre ?

parole d’auteur  
Le travail (et les lieux qu’il occupe dans la vie des gens) est sans égal. Il l’est aussi dans l’esprit de ceux qui n’en ont plus, ou en passe de ne plus en avoir.Il fut un temps, où les gens se « construisaient » par le travail. Le labeur était une denrée noble, et un « fainéant » montré du doigt, comme s’il s’agissait d’un marginal. Le lieu où les gens passaient le plus clair de leur temps, représentait à leurs yeux, une sorte d’appartenance à une caste. Il y avait la corporation des mineurs, celle des métallos, des ouvriers du livre. Entrer dans l’une d’elles signifiait accéder à une certaine noblesse. Le corporatisme poussé à ce point, avait des allures de rite initiatique.
Les temps sont peut-être en train de changer, mais le travail reste malgré tout un pilier fort dans la vie sociale. Autour de cette idée, il nous semble intéressant de rassembler quelques plumes et encriers, quelques pages blanches, et des témoignages sur ces vies d’usine, de chantier ou de bureau.  En proposant par la suite, ces expériences décrites, à l’intérieur d’une écriture de fiction, cela pourrait donner corps à un « spectacle », tirant vers la comédie, la représentation baroque.
Ahmed Kalouaz

parole de musicien
« Bleus de Travail » sera plutôt à l’écoute de ceux qui sont au bas de l’échelle, ouvriers, prolétaires, chômeurs etc… J’imagine une musique « vivante » et « chaleureuse ». L’idée qu’elle soit interprétée par un « orchestre» le jour de sa répétition hebdomadaire dans l’arrière salle d’un bistrot est donc venue naturellement. D’abord parce que les cliques ou fanfares représentent un type bien particulier de pratique musicale, regroupant le plus souvent des « amateurs », pour lesquels cette activité fait vraiment partie intégrante du « repos hebdomadaire ». Une pratique collective dont le principal objectif est celui du « plaisir » et de la « rencontre ». Ensuite parce que les orchestres sont généralement très populaires, constitués de gens aux origines et aux parcours très différents. J’imagine que ce groupe de « musiciens / comédiens » aura une certaine parenté avec les membres de l’orchestre fellinien de « Prova d’Orchestra ». Un groupe turbulent et chaleureux, aux antipodes de tous les Star Académies télévisuels d’aujourd’hui. »
Les mélodies qu’ils répètent mélangent les envolées lyriques de Victor, compositeur passionné, à des accents kitsch vaguement sixties et à des airs de musette.
Guigou Chenevier
 

distribution 

Avec Ana Abril, Pascal Billon, Farid Boughalem, Nicolas Chatenoud, Guigou Chenevier, Sophie Mangin, Kheira Soufi

Mise en scène : Michèle Addala 
Assistanat à la mise en scène : Agnès Régolo 

Musiques:  Nicolas Chatenoud et Guigou Chenevier
Lumières : Stanislas Pierre
Scénographie et construction décors : Association DécorAction
Régie son: Emmanuel Gilot

Relations presse: Eve Ferragut
Administration: Nicole Hullein Claire Libbra
Graphisme: Delphine Michelangeli

   Partenaires financiers 
Direction Régionale des Affaires Culturelles PACA (conventionnement)
Préfecture de Vaucluse
ADSU Avignon
FASILD PACA
Conseil Régional PACA
Conseil Général de Vaucluse
Caisse des Dépôts et Consignations
Ville d’Avignon

Partenaires opérateurs
Théâtre de Cavaillon – Scène nationale
Centre Social – MPT « La Bastide » (Cavaillon)
Lieu d’hébergement « Le Village » (Cavaillon)
Théâtre des Doms
Institut Supérieur des Techniques du Spectacle d’Avignon
Festival d’Avignon
Bar-restaurant « Chez Blacky »
Comité d’Entreprise de la SNCF

appui de Télérama et France Bleu Vaucluse

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