LA REPARTITION DES MOUCHES

 de Jean CAGNARD Création 2010

  La solitude, ce n’est pas nouveau, ça commence à la naissance quand fermement convaincu d’une vie de proximité par neuf mois démonstratifs, on vous lâche dans l’oxygène où commence la dilution. Bonjour le monde. Ensuite, il se peut que nous contractions un sentiment d’appartenance envers cet endroit, la Terre, avant de comprendre qu’il ne s’agit là encore que d’un passage puisque la mort, depuis le premier jour, est prête à une nouvelle expulsion vers ailleurs. Fragilité.
Vivre, c’est comme appartenir à un noyau qui, à l’instar de l’expansion de l’univers, grossirait sans cesse, au détriment de la chair et du fruit, et  éloignant l’un de l’autre chaque point posé à sa surface, chaque individu débarqué là. Vivre ressemble assez souvent à un paysage lunaire, les gens isolés par des distances d’étoiles. La grosse machine du monde, minéral, social, politique, nous entraîne dans des distances astronomiques, où le voisin de palier a forcément une gueule de cosmonaute et une violence à la place du langage. La solitude s’attache à la personne, à la communauté, à la rue, au quartier et prétendre se rattacher à la marche du monde c’est comme plonger son couillon de bras dans le ciel pour toucher les petites choses brillantes qui s’y trouvent.
Six milliards de gens sur terre, voilà une belle grappe, mais encore une fois, comme la constitution atomique de la matière, c’est le vide entre les particules qui identifie particulièrement la masse.  Mais revenons sur le macadam. La création, c’est aussi et avant tout une imprégnation du monde, un décloisonnement entre la poésie et la vie, une circulation libre. A nous de trouver la trajectoire poétique et métaphorique la plus fidèle possible, qui parlera la plus juste. Certaines paroles pourront être livrées telles quelles, déjà évidentes, déjà en place, d’autres seront étoffées ou désossées, d’autres serviront de tremplin à l’imagination, permettront des extensions, de toute façon un chemin respectueux entre la liberté d’écriture et la fidélité à la parole.     Jean Cagnard

Des paroles populaires, urgentes ont été recueillies pendant des mois par Jean Cagnard et ont servi de support à son écriture. Mais si la réalité fonde la parole, l’écriture la libère et en révèle l’inouï, l’inattendu, la démesure. Cette « histoire large de beaucoup d’autres » conte avec une âpre cocasserie les cassures et déchirures ambiantes. Dans un style à la fois quotidien et  surréaliste se croisent entre autres personnages, « l’ Homme avec lequel on se sent seul quand on se trouve dans une pièce avec lui », « le Père Noël », « le Fou intérieur », « des Couples Séparés », « l’ Actrice », « la Fille du Père Noël »,etc., « la Population» aussi vient nous parler.

distribution   
Ana Abril, Pascal Billon, Djamel Adrar, Cheikh Sall, Silvia Cimino et Guillaume Saurel au violoncelle.

La population : Farid Bouaïta, Chahrazad Djezza, Ourida Mimoun, Roselyne Piccione, Céline Pigeau.

Avec la participation de Marjorie Gros et les voix de Omar Dahmane et de J.P.Laroche

Mise en scène    Michèle Addala
Collaboration artistique   Gilles Robic                          

Images/lumières/scénographie   Erick Priano
Musique                            Guillaume Saurel
Costumes                          Mardjane Chemirani

 création soutenue par :

Plan espoir banlieue
DRAC PACA
Conseil Régional
Ville d’Avignon
Conseil Général Vaucluse

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